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27.01.2012

Le visage des jours 64

art, poesie, amants, nostalgie, souvenir

Un chemin bleu
qui longe le temps
Je m'y attarde
Je suis longtemps
 
les parfums du vent
les ailes des insectes
les voix en promenade
les mots aimants
 
Mais le chemin bleu
 mène-t-il
à cette joie tranquille
 derrière les arbres?
 
Le temps me dépasse
et mon rêve hélas
seul s'attarde 
 dans le tableau
...
 
 
Geraldine
 

22.01.2012

Le visage des jours 63

Les feuilles
s'en vont sur l'eau
L'eau
s'en va sous les feuilles
 Suis-je en deuil
de ma jeunesse
ou ma jeunesse est-elle en deuil
de moi?
 Je ne sais pas
 
Geraldine

Le visage des jours 62

Certes il se fait tard

On rentre avec l'impatience des exilés 

Allumons les lampes derrière les volets  Approchons-nous de la flamme pour avoir moins froid

On parle si bas qu'on s'adresse d'abord à soi 

L'éventuel visiteur ne sera pas reçu 

On ferme les cadenas 

On s'assure que toutes les chaînes sont accrochées 

On n'entend plus la plainte de ce chien dans la nuit 

Seul le sommeil est digne de confiance 

-Il se fait tard

certes

Mais je veux croire

qu'il y a quelque part

une porte entrouverte...

Geraldine   

 

20.01.2012

Le visage des jours 61

 

Numériser0001.jpg

C'est dimanche
Des feuilles
dansent
Des notes
se balancent
 
Peut-être
ta pensée
me sera-t-elle ouverte
comme cette fenêtre
d'été
...
Geraldine 

15.01.2012

Le visage des jours 60: En attendant demain...

On disait  Il viendra demain
Le lendemain on a dit  Il viendra demain
Demain il viendra c'est sûr
le murmure du Grand Amour
 
 Et un jour
on s'aperçoit que l'Amour
murmurait à notre oreille  
depuis longtemps  
 
 Mais on ne l'a pas entendu
on ne l'a pas écouté
car on était absolument certain
qu'il viendrait demain
 
Geraldine

14.01.2012

Le visage des jours 59

 

Numériser0002.jpg

Une petite fille habillée de bleu jouait derrière le groseillier

La lumière de la fin d'après-midi était douce

Les jours d'été promettaient de durer

 

La saison des groseilles

est revenue dix fois

Mais la petite fille habillée de bleu

 

où est-elle?

 

La lumière passe à travers le groseillier

en cette fin d'après-midi d'été

Ô dentelle

                 déchirée!

 

Geraldine

13.01.2012

Le visage des jours 58

Je revivrai 
toutes mes nuits
-jusqu'à cette nuit 
où l'Ami 
se tint si près
de la flamme 
de mon chevet 
que je vis 
mon âme
 
Geraldine

11.01.2012

Le visage des jours 57

Tous les deux
nous sommes ensemble
comme le pas et le chemin
la branche et le vent
l'ombre et le soleil
le murmure et le temps
 
Ensemble 
nous sommes un
pas et chemin pour l'éveil
branche et vent pour le chant
ombre et soleil pour l'invitation
murmure et temps pour Toute Présence
 
Geraldine

07.01.2012

Le visage des jours 56

 

quete,decouverte,voyage,itineraire

Suivez doucement
le chemin doux
 Allez plus loin 
que le regard
des fenêtres 
 
  Traversez la place ancienne
Laissez-vous guider
par un souffle changeant
Puis empruntez le petit pont
qui enjambe les chants
  
Quelques secondes 
à peine
vous sépareront
de votre rêve clair
 se trouve votre maison
  
Geraldine

06.01.2012

Le visage des jours 55

La réponse
est venue
avant que je ne pose
la question
Les roses
refleuriront
Geraldine

02.01.2012

Le visage des jours 54

Quand je t'appelle
 
tu viens aussitôt
je ne vois pas ton visage
tu ne me parles pas avec des mots
  
Mais un souffle 
écarte les feuilles 
de lierre
 
le volet s'ouvre 
la chambre s'éclaire
d'une aube singulière
 
Et Tout change
-J'ai pour un jour 
les yeux d'un ange
 
Geraldine
 

29.12.2011

Le visage des jours 53

Il neige
de la poussière
sur les cadres
les miroirs
les coussins
les chaises
les tables
les bougeoirs
les lampes
de la vie d'avant
 
Il neige
que l'on soit
en juillet
ou en décembre
l'horloge 
du salon
compte
les flocons
d'une éternelle
saison
 
Et toi 
tu éprouves
en passant
la douce 
joie 
d'écrire
avec ton pouce
insouciant
le nom des gens
sur les choses
 
même s'il neige
du Temps
...
 
 
Geraldine
 
 

20.12.2011

Le visage des jours 52: L'herbier de l'océan

 

nostalgie,enfance

Nous partions de bon matin, chaudement vêtus. Les nuages descendaient bas; le vent geignait; le temps pleurait dans notre col.

Nous les trouvions après la grande marée -fragiles et lovées sous le sable mouillé.

Nous les cueillions alors sans les blesser -constellations de filaments roux, nébuleuses vertes ou grises, fleurs effilées, iris bleuâtres sur des prunelles d'eau crépitante.

Elles étaient si souples qu'elles caressaient nos doigts en tombant dans les seaux. Elles ondulaient d'ailleurs légèrement, peut-être surprises ou effrayées.

Nous rentrions en fin de matinée, ivres de vent, de sel et d'eau. Nous abandonnions nos seaux sur l'évier et durant l'après-midi, nous les oubliions un peu -emportés par la marée du sommeil.

A la tombée du jour, après le dîner, nous répartissions sous la clarté des lampes de petites cartes blanches sur lesquelles, à l'aide d'une éponge humide et d'un bâtonnet, nous disposions doucement les algues qui exhalaient une odeur d'infini.

Nous dessinions ainsi une chorégraphie; telle algue ouvrait les bras; une autre se cambrait; une autre encore s'enroulait sur elle-même; toutes prenaient des postures dont nous étions les seuls metteurs en scène.

Il faisait très noir derrière les fenêtres lorsque nous achevions notre
herbier marin.

Nous laissions sécher les cartes les jours suivants et nous savions dès lors que nous en enverrions certaines à nos amis chers

pour les voeux du Nouvel An,

tout fiers d'offrir sur un rectangle blanc

la danse de l'océan.

Geraldine   

19.12.2011

Le visage des jours 51: Matinée

-Pourquoi tout brille dis?
-Parce que le temps passe
son tissu mouillé
sur chaque chose
 
Geraldine

17.12.2011

Le visage des jours 50

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L'ombre douce de l'arbre de jadis
La glycine de la vieille maison d'été
Le compotier débordant de soleil
La main ouverte des amies passées
Les sourires de Sarah avant l'au revoir
La lueur d'un chemin follet
Les cheveux de l'enfance devenue grande
Mémoire  Amour
de toutes les joies absentes
Geraldine

16.12.2011

Le visage des jours 49

Si l'on me demande ce que je possède à la douane de l'entre-deux vies

Je répondrai

aucune valeur bancaire aucun titre 

sinon le souvenir du soleil sur la vitre
l'envol d'un rire au-dessus du sommeil
la couleur de la toute première feuille
la respiration de l'enfance contre ma joue
le goût aigre-doux des pommes partagées
la senteur des arbres après la pluie
la confiance élargie de ton corps au petit matin

et si je n'ai pas Tout trouvé

la certitude d'avoir cherché

Geraldine

11.12.2011

Le visage des jours 48

 

decouverte,espoir,liberte

J'ai laissé
la fenêtre ouverte
dans le petit salon
et tout le paysage
s'est posé
comme un oiseau
sur mon visage
...
Geraldine

Le visage des jours 47

Mon âme
ouvre les yeux
N'est-elle pas trop jeune
pour le ciel 
de ce matin?
 
 Un rayon de soleil
se balance
tout de même
sur le chemin
 Tu viens
 
en avance
 
Geraldine

 

10.12.2011

Le visage des jours 46

 

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Je songe à la longueur des jours de jadis

Les chants des grillons  astres sonores  éclataient dans l'air encore bleu

La main de la brise rassemblait les odeurs des collines

Près de nous respirait la lumière 

J'aurais voulu cueillir entre dentelle et peau le rayon d'or de votre épingle

Vous me disiez à la fin du repas 

Partons en promenade

On s'en allait très loin dans les murmures

si loin que l'on s'en retournait seulement 

lorsque l'ombre des arbres se confondait avec celle du ciel

On s'endormait chacun pour soi -bien sûr

Mais la tristesse ne s'asseyait pas à mon chevet

car je rêvais que nous possédions

 une éternité d'avance

sur toutes les nuits futures

Geraldine

03.12.2011

Le visage des jours 45: Une journée d'été

 

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Claire est si libre
que son rire
-c'est sûr-
a touché les sources
 
 A l'ombre
de l'arbre
là-bas
tremble un éclat
 
 -sans doute
une fleur
de joie
qui pousse
 
 Catherine 
retrousse
ses manches
et la fine
 
 lame blanche
coupe
le pain
du dimanche
 
 Qu'elle est douce
la brise
lorsqu'elle traverse
le bleu de la sieste!
 
 Ne dépose-t-elle pas
ta voix soudain
entre feuilles
et silences?
 
 -C'est simplement
je crois
l'été qui dure
dans son murmure
...

Geraldine

27.11.2011

Le visage des jours 44: La petite maison au bord de la plage

 

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S'il vous plaît  ne fermez pas les volets  ne rangez pas la vaisselle dans la crédence  ne pliez pas les nappes  ne recouvrez pas les meubles d'un drap

Je reviendrai dans la petite maison au bord de la plage

parce que je n'ai pas appris tous les jeux du vent du large  je n'ai pas déchiffré tous les coquillages  je n'ai pas assez embrassé les joues de l'enfance étoilées de sel  je n'ai pas cherché les regards qui se cachent derrière les nuages  Je n'ai pas traversé la lumière comme ce bateau 

Il est -paraît-il-

un vague soupir sur le sable  un peu d'air qui se ride  un peu d'eau qui tremble  à fleur de terre  après la grande marée

Je serai ce soupir que la vague du temps déposera devant la porte 

et il suffira d'un soupir -le vôtre-

pour que je touche encore une fois votre visage

 

Geraldine

 



 

 

Musique: Vangelis; La Petite Fille de la mer   

 

26.11.2011

Le visage des jours 43: Poème sur la brume

 

decouverte

La brume du matin

n'est pas la même

que la brume du soir

 

Derrière la brume du matin

se cache le visage de l'espoir

La brume du matin est l'attente nécessaire

à la toilette du monde

Quand elle se dissipe celui-ci

sonne plus neuf et plus beau au soleil

On voit de très loin

l'échancrure des collines

On s'en étonne un peu

mais la grâce de l'après sommeil

nous mène au-delà du regard

 

Quand la brume du soir

tombe hélas

il est déjà trop tard

Le chemin n'ira plus très loin

Il faut se contenter d'un pas à la fois

se tenir à l'écart des broussailles et des bêtes

et marcher sans autre destination que le noir

car l'on ignore

si l'on est perdu dans le monde

ou si le monde

se perd en nous

Geraldine

25.11.2011

Le visage des jours 42

On rentrait de promenade.

La lumière était encore chaude et l'air saturé de parfums.

Marc répéta d'une voix joyeuse qu'il avait trouvé beaucoup de plantes pour son herbier.

Lorsqu'on atteignit la terrasse, on se déchaussa et on s'assit dans les fauteuils d'osier.

Marie nous dit qu'elle allait couper les tomates en rondelles et les carottes en dés.

Odette déclara qu'elle voulait se faire proprette avant le dîner.

L'heure était toute infusée de thym et de rires.

Les cheveux de l'enfant avaient blondi au soleil. 

Jérôme prit ma main et il me sembla que la nuit viendrait plus tendrement que d'habitude.

Odile raconta une petite anecdote.

Le bonheur avait ouvert son col. Comme sa peau était douce!

Qui aurait pensé

que ce soir serait le dernier

et le soir suivant,

un soir après le Temps?

Geraldine

 

Le visage des jours 41: Curriculum vitae

Il y a dix ans, j'habitais D. Je ne vivais pas dans cet appartement. Je n'enseignais pas dans ce lycée à des élèves aussi grands. J'étais encore très loin de N. J'écrivais, je lisais certes -mais beaucoup moins. J'avais par exemple interrompu mon Journal. Je n'avais pas autant "cheminé". Je n'avais pas repris mes études. Je sortais d'une peine de coeur. Oui; comme un astrologue me l'a dit -J'ai plusieurs vies en une.

Je me réveille parfois étonnée, car je ne sais plus pendant un court instant si je suis dans cette vie ou dans l'autre.

Il y a dix ans, je louais un appartement avec terrasse. J'en profitais peu. Le vent hurlait; la pluie frappait les vitres. Je m'étais habituée à la brume.

Ici, les hivers sont longs mais je me réchauffe auprès des lampes de mes aïeux; j'entends les meubles craquer parce qu'ils rêvent; la nuit respire mieux depuis que le vent s'est tu. La pluie est plus lente; je peux traverser les parcs; je songe à l'odeur des fleurs rouies lorsque j'écris.

Où est la terrasse au milieu des murs de briques rouges? Où est le cri de la mer qui hantait mon sommeil?

Les lieux -le temps -les astres ont changé. Mais Tout ce que je suis, je le dois aussi à cette jeune femme lointaine.

Aurais-je plusieurs âmes en une?

Geraldine

20.11.2011

Le visage des jours 40: L'adieu

La seule question
que je me pose
Quand?
 
Combien de saisons
Combien de roses
encore?

Geraldine

22:43 Écrit par geraldine dans autobiographie, mystère | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : temps |  Facebook |

Le visage des jours 39: Monet

 

poesie,inspiration

Je ne me suis pas aperçu
que les ombres s'allongeaient
-occupé que j'étais
à peindre la lumière
...
Geraldine

19.11.2011

Le visage des jours 38; Noël 11

Je ne sais 
s'il est très tôt ou très tard 
La bougie attend un visage 
L'heure cherche sa note 
 
 Des voix qui se rapprochent 
un léger rire d'horloge  
Et le coeur reconnaîtrait 
le premier temps 
 
 Mais y a-t-il une nouvelle 
au seuil de la porte? 
Une main trouvera-t-elle 
la petite cloche dans l'ombre? 
 
 Il faudra peut-être 
tricoter de longs jours
Puisque ma chaise 
regarde la fenêtre 
 
je t'écris ce message
 lettre après lettre 
comme tombe
la neige
 
 
Geraldine 

18.11.2011

Le visage des jours 37

 

Numériser0001.jpg

Pour notre rendez-vous
je ne mettrai ni robe de couleur ni bijou
Je me vêtirai du manteau de la nuit
et j'irai ainsi
 
Seul l'oeil de la lune 
me verra passer peut-être
Je me glisserai comme le secret
du vent par la fenêtre
 
Je suivrai le reflet de la flamme
jusqu'à votre chambre
et je traverserai votre âme
sans me faire reconnaître
...
Geraldine

14.11.2011

Le visage des jours 36: Château de sable

 

Numériser0014.jpg

On n'avait guère songé à Elles car notre visage s'était perdu parmi les nuages.

Bien sûr, on les entendait respirer de très loin; mais lorsque leur souffle s'est apaisé, il était déjà trop tard.

En silence, Elles se sont faufilées sous le sable et ont agacé nos orteils.

Puis leur langue a léché les remparts, le donjon et les tourelles.

Doucement le château a fondu, dévoré par le désir de la mer.

Et cette tristesse que le sel du vent constelle, c'est le vague à l'âme.

Certes, tout n'est pas mort.

On garde la petite pelle rouge, le râteau dont les dents sont vertes, le seau où roulent toujours, lors du retour, quelques coquillages cueillis à fleur d'eau.

Mais, comme chaque soir, un peu d'enfance s'achève.

Et ne demeure que le rêve.

Geraldine

 

 

11.11.2011

Le visage des jours 35: La belle heure II

Qui montera très haut
dans la nuit
quel oiseau
 
 qu'on ne distinguera plus
des poussières d'étoiles
car on aura depuis longtemps 
 
 perdu plumes
et murmures?
 C'est la Poésie
 
Geraldine