• Mon frère,

    Numériser0014.jpgj'ai allumé

    pour de longues soirées 

    la lanterne dorée

    de la verrière;

     

    ma demeure veille 

    comme un phare

    dans les froides 

    nuits de novembre;

     

    et cette patience,

    petite soeur fidèle 

    d'une étoile, 

     

    guide ton coeur

    vers l'infinie 

    confiance

                                                           de la Vie.

     

                                                            Geraldine

  • Ces pommes

    qu'un sac de toile

    répand au sol

    ces pommes vertes

    et rouges

    comme les lueurs

    de l'automne

     ces pommes

    que je rêve

    ouvertes

     

    même si

    je les goûte

    et les croque toutes

     elles ne me rendront pas

    le bonheur 

     d'autrefois

    quand je partais

    à la cueillette

    de tes pommettes

     

     Geraldine

  • Sieste du poète

    Aujourd'hui

    tu n'écris pas

    le monde

     

    c'est le monde

    qui s'écrit

    en toi

     

    Geraldine

  • Voir et peindre...

    Numériser0013.jpgCe tableau 

    de neiges vertes

    et d'étoiles bleues

      

    je voudrais le voir 

    et le revoir

    chaque soir

     

    Mais l'univers 

    souffle la raison

    en mon coeur

     

    Je devrai attendre

    sans doute

    sept lunaisons

     

    être à l'écoute

    des murmures

    et des couleurs

     

    pour peindre à l'unisson 

    les étoiles bleues

    et les neiges vertes

     

                               de ton regard 

                              

                                Geraldine

  • La consolée

    J'espère toujours, 

    quand le facteur klaxonne au bout du chemin,

    une lettre de toi...

     

     Comme si,

    au-delà des collines et des forêts,

    tu pensais encore à moi!

     

     Tu as, hélas, 

    dans ta villa immense,

    d'autres choses à faire!

     

     Tant de grâces à accorder

    tant de conquêtes à mesurer

    tant de courtisans à écouter!

     

     Mais la berceuse des branches  

    le rayon bleu de la mésange  

    les reflets d'or du forsythia

     

     me sont plus fidèles

    qu'un visage

     d'ami

     

     et l'air mon soupirant

    se constelle

    d'oubli

     

    quand je me surprends

    à pleurer

    au bord de ma vie...

     

    Geraldine 

  • Chute des corps

    Les prunes

    tombent

    dans l'herbe

    brune

     

    Je vois

    sans amertume

    que je ne suis

    plus la même

     

    Geraldine

  • Passagère

    Le taxi

    roule

    très loin

    dans la nuit

     

    A la lisière

    de mes cheveux

    et de mon cou

    ma main

     

    cherche

    en vain

     un baiser

     ancien

     

    Et les étoiles

     exquises

    s'éteignent

    une à une

     

     Je ne suis plus

     certaine

    d'avoir

     rendez-vous

     

    Geraldine

  • L'enfant d'automne

    Une lumière

    soupire 

    fleur offerte

    à la cendre 

     

    Les cernes

    de la nuit

    dévorent

    mon miroir

     

    Dans le froid

    cellier

    les confitures

    pâlissent

     

     La lune

    est grise

    comme l'écorce

    des noix

     

     Mon âme

    cherche 

    le regard

    d'un souvenir

     

     Et une porte

    se referme 

    dans le murmure

    des heures mortes

     

     Mon enfant

    a suivi l'automne

    et mêlé ses doigts

    aux ongles des feuilles

     

    Mais je ne veux pas 

    bercer ce soir

    une triste 

    rancune 

     

    Mon roi

    glissera peut-être 

    de son rayon

    de lune

     

    pour déposer

    à ma fenêtre

    la fleur d'or

    de son rire

     

    Geraldine

  • Peut-être...

    Numériser0010.jpgLe reflet bleu

    de la flamme

    La robe ouverte

    de l'attente

     

    Un pas qui s'avance

    Une caresse déposée

    sur l'épaule

    des nuits blanches

     

    Un baiser rond

    au coeur de l'ombre 

    Et pour cette présence 

    le ciel du monde

     

      

    Geraldine

  • Suite

    Tu sais

    partout où je suis passée

    j'ai demandé de tes nouvelles

    J'ai interrogé la porte

    qui a lourdement bâillé 

    Les roses bleues

    ont baissé les yeux

    Le chat m'a souri

    dans son silence

    Et quand j'ai demandé

    à la route

    si elle me menait vers toi

    elle m'a dit

    avec une certaine impatience

    Je vais

    là où je veux aller!

    Puisque je n'entends plus ta voix

    je pense

    que je dois m'arrêter

    à la chambre

    de mon coeur

    j'y trouverai sans doute

     une petite réponse

     

    Geraldine

  • Fugue

    Arthur s'est envolé.

    Je l'avais pourtant bien caché sous les couvertures!

    Que s'est-il passé?

    L'imprudent! Il a couru, pieds nus, dans l'escalier froid.

    Je ne l'ai même pas entendu déranger les cailloux!

    Le lilas a-t-il salué sa fuite? Et le sombre geai, me confiera-t-il ce troublant secret?

    Arthur a franchi la barrière du jardin; la grande ombre grise qui dort sur les prés ne l'a guère effrayé!

    Je suppose qu'il s'est élevé dans le frisson de l'air et le rire des cloches rêvées...

    Que voulez-vous?

                   Il n'est pas comme

                               Nous!

                   Il est davantage

                           l'ami des nuages

                                        que des hommes.

     

                   Geraldine

     

  • Ecole buissonnière

    Je dépose

    sur ta table d'étude

    quelques feuilles

    de menthe

    trois abricots

    deux pierres bleues

    et une musaraigne...

    Tu me souris

    et tu me dis

    gentiment

    "Ce n'était pas la peine!"

    Mais si

    j'avais joué là-bas

    plus longtemps

    je t'aurais offert

    une plume

    où perle

    l'encre du levant

     

    Geraldine

  • L'inconnue

    Numériser0008.jpgQuand tu es apparue

    à la vitre du café,

    je ne t'ai pas reconnue...

    J'ai cherché en vain cet éclat

    où nous étions nous

    où tu étais toi...

    Tes mains

     tes cheveux

    la fleur blanche

    de ton épaule

    ne me rappelaient pas

    les beaux jours d'autrefois.

    D'un geste élégant

    tu m'as saluée.

    Tu me souriais;

    et ta joie 

    aurait dû

    frémir en moi

    comme le rayon d'un souvenir...

    Je ne t'ai pas rendu

    la grâce de ce salut

    la franchise de ce sourire.

    Doucement tu es entrée

    dans le café.

    Tu voulais t'asseoir

    en face de moi

    pour rattraper

    les rendez-vous d'un temps manqué...

    Mais je t'ai congédiée

    en tournant la tête.

    Je ne pouvais pas affirmer

    que tu avais vieilli

    -non, car si les rides

    creusent le visage,

    l'âme, elle,

    garde la même expressivité

    et, ne renonçant pas, 

    dépose sa touche ultime

    sur les traits... 

    Ce n'était donc point cela.

    Ce n'était rien...

    Et c'était cependant

    si important,

    ce refus,

    qui laissait en mon coeur

    le goût amer

    de la faute!

     N'étais-je pas, en effet,

     devenue

    moi-même

    si différente

    que je ne me reconnaîtrais

    jamais plus

    ni en toi

    ni en aucune autre?

     

    Geraldine

  • Noël

    Les fenêtres

    de l'hôtel

    scintillent

    dans la nuit

     

    et j'ai déjà

    franchi Demain

    puisque ta main

    se pose sur ma vie

     

    Geraldine

  • Rencontre

    La route

    droite

    et claire

     

    me porte

    au bout

    de la terre

     

    Et puis

    voici

                        le ciel                    

     

    tout seul 

     

    Geraldine

     

  • En cuisine

    Numériser0006.jpgJe sors 

    l'orange

    de sa gangue

    d'or

     

    et je me demande

    si notre coeur

    sans écorce

    bat encore

     

    Geraldine

  • En promenade

    ton visage

    pleure dans mon cou

    feuille mouillée

    d'un automne doux

     

    Geraldine

     

     

  • Un souffle entre

    Vite

    ferme les volets

    les rideaux

    éteins les lampes

    qui brûlent encore 

    la mémoire

    appartient aux anges

    alors range

    les souvenirs

    dans une boîte

     à cadenas

    ce serait une folie

     de voir

    revenir

     les amants d'hier

     

    Geraldine

  • révérence

    Un homme

    marche 

    il passe

    comme 

    tant d'autres

     

    sa main gauche

    tient une pipe

    sa main droite

    sort un peigne

    de sa veste

     

    L'homme se coiffe 

    penché vers la vitrine

    d'un magasin d'art

    se regarde

    puis s'en va

     

    Le toit

    a changé de couleur

    C'est le soleil

    qui dérange sans cesse

    l'illusion

     

    Les lettres noires 

    de la pancarte

    Antiquités

    oscillent 

    dans le vent

     

    Il fait froid

    désormais

    les reflets

    de l'air

    frissonnent

     

    Est-ce tout?

    Oui

    il vaut mieux

    détourner les yeux 

    maintenant

     

    et comme

    cet homme

    dans un dernier

    geste

    s'éloigner

     

    chaque instant

    qui passe

    demande

    la grâce

    de l'oubli 

      

     Geraldine

  • pique-nique

    sur l'herbe amoureuse

    une tranche

    de jambon rose

    qui repose

    dans sa gangue

    de pain

     

    une gousse d'ail blanc

    un petit vin

     doux qui danse

    les bonnes

     joues d'enfance

    d'une pomme 

     

    tout cela

    pour toi et moi

    comme j'y crois!

    vive la fête

    de la vie

    aujourd'hui!

     

    Geraldine

  • après

    Les bateaux passent

    au loin

    feux blancs

    déjà éteints

     

    ton souvenir

    en bon ami

    frôle

    mon épaule

     

    je ne me retournerai pas

     à l'avenir

    mon coeur

    n'aura de place

                          que pour moi

     

                          

    Geraldine

  • Bien sûr

    quelques lueurs

    respirent

    encore

    sous nos doigts

     

    mais seront-elles

    assez fidèles

    pour guider

    notre ombre

     

    Geraldine

  • Le monde

    gronde

    douloureux

    fermons

    les yeux

    et nous irons

    à sa rencontre

     

    Geraldine

  • petite distraction

    Le train

    quitte

    la gare

    puis

    traverse

    la banlieue

    Tes yeux

    anciens

    s'évanouissent

    Mais je ne suis

    pas triste

    Je me berce

    d'un rêve

    érotique

     

    Geraldine

  • à deux voix...

    Mon âme

    converse

    longuement

    avec elle-même

    et une seconde voix...

     

     Quelle est donc 

     cette force 

    qui n'est pas Moi

    et que la nuit

    m'envoie?

     

      Est-ce 

    Toi 

    qui te confies

    aussi

    à l'âme du vent?

     

    Geraldine 

     

     

  • probable...

    Où s'en va le sentier?

    Est-il l'ami de la nuit?

     

    Pourquoi ce vent constellé de fleurs?

    Rendra-t-il la saison douce?

     

    Le ciel me promet un autre visage

    Peindrai-je sa métamorphose?

     

    Ce fruit sans écorce

    Astre rouge des promenades

     

    Pourrai-je l'ouvrir un soir

    près de mon coeur malade?

     

    Geraldine

     

  • esprit

    Ô mon poème

    Sois le cri

    de ces feuilles

    qu'on oublie!

     

    Geraldine

  • rêve

    Seule

    dans le noir

    j'épelle

    ton visage

    avec mes doigts

     

    Geraldine

  • Pourquoi pas?

     

    J'ai trouvé cette

    petite plume verte

    au bord de ma fenêtre

     Tu m'envoies peut-être

     de très loin une lettre...

     

     

    Geraldine

  • chemin

                   A chaque pas

                       sa réponse

                   A chaque vie

                       sa question

      

                   Geraldine