• Le visage des jours 5

    Quand je pleure 
    ce ne sont pas mes yeux 
    qui se brouillent 
     
    c'est le monde qui se voile 
    comme un grand miroir 
    où tremble ton "au revoir"
    ...
    Quand je pense à toi
    je m'approche de la glace
    de la grande armoire
    et j'y dépose mon souffle
     
    Tu le cueilleras peut-être
    N'est-il pas des roses
    qui voguent 
    toujours ouvertes?
    Geraldine
     

  • Le visage des jours 4

    La boîte aux lettres est 
    depuis longtemps 
    ignorée 
    du regard des enfants 
    des pensées du matin
    du carillon des bicyclettes  
     
    Les doigts de ronce 
    de l'Oubli
    tissent sa mort
    quotidienne
     
    Pour qu'elle se sente 
    moins seule
    je dérange le destin
    des épines et des feuilles
     
    j'écarte 
    les branches aveugles
    je soulève le battant
    rouillé 
     
    et j'offre à sa nuit
    une pincée de terre
    un bouquet de thym 
    les pétales du chemin
    les graines du vent
    le soleil d'un caillou
     
    une araignée toute frêle
    une coccinelle 
    -dont quelques points 
    échappés
    d'anciens courriers
    constellent les ailes...
     
    Puisqu'elle demeure 
    sans nouvelle
    de ses lointains 
    propriétaires 
     
    la boîte aux lettres 
    reçoit chaque jour
    les petits présents
    du temps présent
    ***
    Geraldine

  • Le visage des jours 3

     

    poesie,partage,decouverte,complicite

    Un poème est une lettre
    qui traverse tous les pays du Temps
    pour arriver à l'heure
    de notre lecture
    Geraldine
  • Le visage des jours 2

    Rien ne s'allume
    C'est comme
    si les hommes
    avaient perdu
    leur regard
    Mais Toi
     
     continue
    ton chemin
    Tu peux encore
    sauver le dernier
    rayon d'or
    d'une feuille tombée
    ...
    Geraldine

  • Le visage des jours 1

    Demain viendra 
    à pas de loup
    Pourtant 
    la carte des choses 
    n'aura guère 
    changé
    Aucun mot 
    sur l'eau du silence
    Aucune note
    de carillon à espérer
    Aucune voix d'ami
    pour traverser l'hiver
    La conscience
    dormira longtemps
    dans son souffle
    Mais le regard
    des lueurs tremblera
    jusqu'au Jour
    -jusqu'à ce que le coeur
    retrouve
    le murmure de sang
    de sa jeunesse
    Geraldine
     

  • Couleur du Temps 10

    Je longerai le couloir des ans
    Je prendrai soin de ne pas fêler à mon passage 
    le rêve des roses qui dansent sur les vases   
     
    Je chausserai au seuil du salon les fins souliers  
    Si je tourne aisément la poignée de vieil or  
    peut-être réveillerai-je le temps de la fête
     
    J'offrirai alors le bouquet de ma voix 
    Et je m'avancerai vers le grand miroir
    qui attend depuis toujours mon regard
    Geraldine





    Mike Oldfield: Portsmouth

  • Couleur du Temps 9

    La Nuit ne m'est pas familière

    mais je me suis habituée à la Nuit

     

    au sang noir du silence

    au regard de neige des étoiles

    au temps qui craque dans la chambre

    à la flamme épuisée

    au pas qui revient en mémoire

     

    Comme je me suis habituée à la Nuit

    j'aimerais la rendre familière

     

    Que l'attente enfin s'éclaire

    Qu'un souffle traverse les murs

    Que des dessins dansent parmi les réponses

    -pour une parole à servir un visage à naître

    une âme d'enfant à honorer

     

    Alors peut-être rêverai-je ton ombre

    habitée par le rêve du monde

    ...

    Geraldine