• Le petit caillou jeté du haut du pont

    On se disputa
    un après-midi d'août 
    pour savoir qui -toi ou moi?-
    jetterait du haut du pont
    le petit caillou

    Tu me le pris
    Je te le repris
    Puis je t'en fis cadeau
    Je te criai
    Lance-le fort et haut!

    Ce fut une brève
    étoile allumée
    dans le soleil de l'été
    un fol éclat 
    éblouissant l'air

    tournoyant
    dans l'eau
    et vite emporté
    par le rire de la rivière
    qui s'en allait légère

    Lorsque l'après-midi
    se fut écoulé
    ton rire éclata
    en guise d'au revoir
    dans l'air doux

    et je l'entendis s'en aller
    petit caillou
    qu'on ne peut retenir
    sur la rivière
    de la vie

    Geraldine

  • Imminente

    Alors que mon coeur
    avait un peu froid
    tout à l'heure
    sous la couverture
    de laine

    j'apprends par le téléphone
    qui sonne
    de manière soudaine
    dans le salon
    votre venue prochaine

    Et pendant
    que je m'accoude
    sur la rambarde
    du balcon
    je regarde
     
    ce chemin
    qui mène
    à ma maison
    -et qui longuement
    me regarde

    Geraldine

  • Sans titre

    Certains matins d'hiver
    j'avais un peu de fièvre
    et je devais garder le lit

    Je voyais par la fenêtre
    danser la lumière
    sur des lettres de givre

    En attendant ma guérison
    je lisais alors
     le grand 
    livre

    du Jour

    Geraldine

  • Le visage des mains

     

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    Tu voudrais tenir dans ta main
    un galet
    qui ressemble
    au mien

    Je voudrais tenir dans ma main
    un galet
    qui ressemble
    au tien

    Nous cherchons
    sur la plage
    par grand vent grand soleil grand espoir
    des galets au même visage

    En vain
    Mais ne soyons pas chagrins
    Ouvrons chacun
    la main de l'autre

    Ta paume
    ne ressemble pas à la mienne
    Ma paume
    ne ressemble pas à la tienne

    Pourtant elles se regardent
    et se sentent bien ensemble
    quand nous nous tenons la main
    sur la plage aux mille et un

                                            galets

    Geraldine

  • Plénitude

    Ce verre d'eau sur la table -indifférent
    Pas une ride à la surface
    Seulement un peu de jour
    qui tremble

    Etre comme ce verre d'eau
    Ne rien attendre
    et se laisser traverser
    par l'or de l'instant

    Geraldine

  • Sans titre

    Là-bas
    les jours passaient
    tout simples

    L'eau coulait
    doucement
    sur les pierres

    Et tu pouvais te mirer
    dans ton reflet
    d'éternité

    Geraldine 

  • Sans titre

    Mon Dieu donnez-moi
    des grains pour le voyage
    des étincelles pour la force
    des gouttes pour la patience

    Et à la fin
    de mon chemin
    jetez des brindilles
    pour que l'ami

    entende 
    le crépitement
    de ma présence

    Le très petit
    ne mène-t-il pas
    au très grand?

    Geraldine

    Poème écrit le 13 Mai 2012
    Extrait d'un recueil à paraître
     

  • Destination

    Je suis allée plus loin
    que tous les chemins
    Voilà

    Je suis là
    en ce matin d'automne
    constellé de feuilles mortes

    Mon pas résonne
    sur les marches
    de l'escalier

    Puis une main écarte
    le rideau de l'attente
    enfin

    s'ouvre la porte

    Geraldine

  • Visite

    Les feuilles
    surprises
    s'agitent 

    le jardin
    bruit
    une pluie

    fine
    trottine
    jusqu'au seuil

    voici 
    que tintent
    ses gouttes!

    Tu ouvres
    la fenêtre
    et les parfums

    de l'averse
    entrent
    dans le salon

    Geraldine

  • Sans titre

    Je connais
    une enfant
    qui court
    toujours

    aussi neuve
    et jeune
    que le premier
    rire

    c'est la rivière
    qui borde
    le pays
    de ma mémoire

    Geraldine

  • Sans titre

     

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    Lorsque la barque passe près de la rive
    elle frôle des racines des herbes de la terre à fleur d'eau
    Et je me souviens de l'aube où j'étais
    au bord de ta peau

    Geraldine

  • Poème pour la vitre mouillée

    Lorsque le soleil
    brille
    sur la pluie

    il n'y a plus
    ni pluie
    ni soleil

    il y a
    une pluie
    de soleil

    Geraldine

  • Poésie pour Annie 3

    Il n'est plus temps
    de pleurer l'amour perdu
    Les cloches sonnent l'heure d'été
    et l'oiseau chante dans le jour revenu
    Tu perdrais ton temps
    à pleurer l'amour perdu

    Geraldine

  • Poésie pour Annie 2

    Qu'est-ce que la pluie
    ma petite fille?
    C'est une fenêtre qui pleure
    quand tu la regardes

    Geraldine

  • Poésie pour Annie 1: Temps d'un souffle... souffle du Temps

    En m'écoutant respirer dans la nuit tiède  je songe à la très jeune enfant du néolithique endormie sous les étoiles  sa poitrine se soulève s'abaisse se soulève  ses lèvres remuent à peine lorsqu' éclot ce souffle qui se mêle au souffle chaud des animaux

    Je songe au long souffle dévidé des êtres qui se sont succédé d'âge en âge du néolithique jusqu'à cette année deux mille douze   Synchronie de toutes les étoiles veilleuses d'enfance

    Et je m'endors en espérant que le temps respirera encore longtemps

    Geraldine