amour

  • Sans titre

    Ton souffle près du mien

    La fleur fraîche de ta paume dans ma main

    La flamme rose de tes joues

    L'étincelle d'une larme sur tes cils

    Ce mot dans tes yeux

    comme signature ultime

    des jours déroulés

    Le cristal de ta voix

    qui tremble sans se briser

    Que de présence

    je retiendrai

    demain

    de ton adieu

     

    Géraldine Andrée

  • Le chemin du retour

    Je me souviens du chemin du retour quand nous sortions de l'école.
    Nous prenions ensemble le bus numéro treize.
    Puis, mes amies descendaient, une à une : 
    Cathie à l'arrêt Cristalleries,
    Madeleine à l'arrêt Garenne,
    Claire à l'arrêt Colbert,
    Louise à l'arrêt Eglise,
    Laurence à l'arrêt Anatole France.
    Leur rire sonnait entre ces trois mots
    "Salut ! A demain !"
    comme une averse de juin.
    Et dans la nuit jaune de ma vitre, je voyais leur main me faire signe.
    C'était moi qui descendais le plus tard; moi qui allais le plus loin, jusqu'au terminus souvent enveloppé de pluie, de neige ou de brouillard.
    Et j'avançais, seule, sage et fragile, parmi les lumières de la ville.
    La vie, toute l'année, alla son train tranquille.
    Je ne me souviens plus de l'ultime trajet du retour.
    Je sais qu'il y eut, le dernier jour de printemps, fête à l'école.
    Nous sortîmes ensemble en riant sous la clarté blanche de la lune.
    Nous avions tellement dansé que nous avions ouvert nos cols.
    Il était très tard : le bus ne passait plus.
    Nous nous sommes dit au revoir sans trop y croire, avant de monter séparément dans des voitures rouges, bleues ou noires que conduisaient de jeunes gars insolents - qui furent nos premiers amants.
    Il y eut, depuis, tant d'alternances de jours et de nuits, que je ne sais pas ce que Cathie, Madeleine, Claire, Louise et Laurence sont devenues.
    Chacune avance
    - aussi loin que possible,
    je pense - 
    sur son chemin de vie.


    Géraldine Andrée

  • Les roses du chagrin

    Lorsque j'avais un petit chagrin
    tu me prenais la main
    et tu me disais Viens
    Descendons au jardin
    voir les roses rouges
    qui s'ouvrent

    Tu es partie bien loin   
    Mais les roses rouges
    s'ouvrent chaque matin 
    comme tes mains
    et je vois fleurir mon chagrin
    dans tout le jardin

    Geraldine

  • Le visage des jours 22

    Ce jour est comme les autres jours

    Même rayon gris sur les tuiles

    Même ronronnement de la ville

    Même voix tranquille à la radio

    Même tiédeur

    Même délivrance d'un sommeil trop lourd

    Mais ce jour a peut-être un visage aujourd'hui

    je vous ai donné rendez-vous

    Geraldine

  • A un amant trop entreprenant...

    Tu sais, 
    je suis aussi indépendante 
    que le bouton d'une fleur.
     
    Je n'obéis 
    qu'à ma propre loi
    d'éclosion.
     
    Geraldine

  • Prière poétique

    Que la goutte d'encre
    fleurisse 
    sur chaque silence
    Geraldine

  • Reconnaissance

    decouverte,identite,amourJ'ignore où tu es partie

    Je veux te retrouver

    mais les yeux de mon coeur 

     sont fermés

     

    Alors je me dis

    que c'est Toi

    qui me vois

    dans la nuit

    Geraldine

  • Visite

    Le chien aboie

    Les arbres bougent

    La barrière s'ouvre

     

    Et je sens

    que mon coeur bat

    loin de moi

    Geraldine

     

  • Communauté

    Nous partagons

    l'eau le pain

    la lampe le poème

    la joie le chagrin

     

    Mais lorsque je m'éveille

    je regrette

    de n'avoir partagé avec Toi

    mon sommeil

    Geraldine

  • Infiniment

    Numériser0004.jpgIl y a le collier ouvert des galaxies

    la chevelure évanescente des nébuleuses

    la chair constellée du ciel

    l'iris ardent des étoiles

                              

    Mais la splendeur

    de l'infini

    n'est rien

    par rapport à Toi

     

    Toi

    et le pétale roux

    de ton grain de beauté

    sur l'épaule

     

    ta ride

    au bord des lèvres

    quand tu dis

    l'essentiel

     

    tes cils

    noyés 

    par les larmes 

    de la vie

     

    la petite fêlure

    de ton incisive droite 

    qui mord 

    l'écorce du monde

     

    ta mèche blanche 

    éclairant

    d'un rayon singulier 

    la pensée de l'instant

     

    Toi

    dont le corps

    léger

    s'accommode de la terre 

     

    frêle plume

    d'oiseau 

    capable

    de tous les envols 

     

     Toi dont je mesure

    la profondeur du coeur 

    comme un rêve  

    avant l'éveil 

     

    Rien n'est aussi 

    précieux

    Rien n'est aussi 

    beau

     

     que ton imperfection

     

    Geraldine

  • fantasque



    Quand les lampes s'éteignent

    Arthur cesse d'être sage

    et il voyage

     dans le rêve des feuillages 

     

    il aime l'enfance

    de la nuit

     il démêle alors

    son long murmure

     

    il sautille 

    de gouttes en sanglots

    de fleurs en parfums  

    d'étincelles en étoiles

     

     il croque en passant

    un fruit bleu

    une noix verte

    une fève claire

     

    et la lune le guide

    au pays de vérité

    où les yeux des arbres

    connaissent son âme

     

    Arthur vole ainsi

    loin des fenêtres 

    de la Grande Ville

    puis il revient chez nous

     

    déposer un soupir 

    sur nos draps doux

     

    le 30 Juillet 2010

    Geraldine

     

    Musique: Le Peuple migrateur de Bruno Coulais